Faux conseiller bancaire : reconnaître l'arnaque et obtenir le remboursement

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« Bonjour, service fraude de votre banque. Nous avons détecté un paiement suspect sur votre carte, pouvez-vous confirmer que ce n'est pas vous ? » La voix est calme, le vocabulaire professionnel, et le numéro affiché est parfois celui de votre agence. C'est ainsi que commence la fraude au faux conseiller bancaire.
Le piège est redoutable parce qu'il se présente comme une protection. Vous croyez bloquer une fraude alors que vous êtes en train d'en autoriser une : en dictant un code reçu par SMS ou en validant une opération dans votre application.
Cette page explique comment reconnaître l'appel, puis ce que prévoit la loi si l'argent est déjà parti : opposition, contestation, remboursement et recours.
Ce que votre banque ne vous demandera jamais
Le message est porté conjointement par le ministère de l'Économie, la Fédération bancaire française, l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement et la Banque de France : jamais votre conseiller bancaire ne vous demandera un code, un mot de passe ou un identifiant, ni d'effectuer ou de valider des opérations. Il n'en a pas besoin. Ne communiquez donc jamais vos données de sécurité à un tiers, quel qu'il soit.
Deux consignes complètent cette règle. Ne confiez jamais votre carte ou votre chéquier à une autre personne, un proche ou un coursier, même à la demande de votre banquier. Et n'utilisez jamais un lien ou un numéro de téléphone inséré dans un message que vous n'avez pas sollicité.
Pourquoi l'appel paraît si crédible
Le faux conseiller connaît souvent votre nom et votre banque. Ces informations peuvent provenir de fuites de données ou d'un phishing antérieur, et ne prouvent en rien qu'il travaille pour votre établissement.
Le numéro affiché n'est pas une garantie non plus. L'Arcep constate que des fraudeurs affichent le numéro d'un établissement financier pour renforcer leur crédibilité, une technique appelée spoofing que nous détaillons dans notre page sur le vishing. De même, une administration ou une grande entreprise ne vous écrit jamais depuis un numéro mobile en 06 ou 07, ni depuis une adresse mail dont l'extension diffère de celle de son site officiel.
La bonne réaction est toujours la même : raccrocher, puis rappeler votre banque sur le numéro inscrit au dos de votre carte ou dans votre application. Une vraie alerte sera toujours là quand vous rappellerez. Certains escrocs se présentent aussi comme policiers enquêtant sur votre banque ; c'est l'arnaque au faux policier.
Les numéros et plateformes officiels
Opposition carte : votre banque par ses canaux habituels, ou le serveur interbancaire au 0 892 705 705 (0,34 € la minute, 24h/24 et 7j/7).
Signalement : Perceval pour une fraude à la carte bancaire, THESEE pour une fraude au virement ou une autre escroquerie. SMS frauduleux : le 33700.
Conseil et accompagnement : Info Escroqueries au 0 805 805 817, France Victimes au 116 006 (gratuits).
Vous avez été piégé : les trois étapes officielles
La Banque de France décrit une procédure en trois temps. D'abord, faites opposition au moyen de paiement auprès de votre banque, ou au serveur interbancaire au 0 892 705 705 pour une carte. Ensuite, signalez les opérations frauduleuses aux forces de l'ordre, en privilégiant la plateforme Perceval pour les fraudes à la carte sur internet et THESEE pour les autres escroqueries, notamment les fraudes au virement. Enfin, contactez votre banque pour contester les opérations et demander leur remboursement.
Le signalement Perceval se fait même si la banque vous a déjà remboursé, mais il ne remplace pas une plainte. L'escroquerie est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende, et l'accès frauduleux à votre espace bancaire de trois ans et 100 000 euros. Pour la plainte elle-même, suivez notre guide pour porter plainte pour escroquerie.
Un point important : votre banque ne peut pas exiger un dépôt de plainte comme condition préalable à l'examen de votre demande de remboursement. Si on vous l'oppose, rappelez-le par écrit.
Fraude bancaire : le remboursement, ce que dit la loi
Le code monétaire et financier prévoit, sous certaines conditions, le remboursement des opérations de paiement non autorisées (articles L.133-18 et L.133-19). Pour une fraude à la carte, service-public.gouv.fr précise que la banque doit rembourser les sommes détournées et les éventuels agios immédiatement, et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la réception de votre contestation.
Ce remboursement n'est pas garanti dans tous les cas. La banque peut le refuser, notamment si l'opposition a été faite tardivement ou si elle estime que vous avez commis une manquement grave. Et une contestation n'est plus possible au-delà de 13 mois après le débit, ou 70 jours si le bénéficiaire est situé hors de l'Espace économique européen. Notre page sur les délais à respecter après une fraude récapitule ces échéances.
En cas de refus, adressez une réclamation écrite à votre banque. Sans réponse satisfaisante sous 2 mois, ou 15 jours pour un différend sur un service de paiement, vous pouvez saisir le médiateur de votre banque. La médiation est gratuite, le médiateur doit proposer une solution en 90 jours maximum, et pour un litige inférieur à 5 000 euros, cette étape est obligatoire avant de saisir le juge.
À retenir : un vrai conseiller ne vous demande jamais de code, de mot de passe ni de valider une opération. Si c'est déjà fait : opposition immédiate, signalement (Perceval ou THESEE), contestation écrite auprès de la banque, puis médiateur en cas de refus.
Les nouvelles protections sur les virements
Depuis le 9 octobre 2025, votre banque vérifie, pour les virements SEPA, la concordance entre le nom du bénéficiaire que vous saisissez et celui du titulaire de l'IBAN. Si la banque vous signale une différence alors qu'un « conseiller » au téléphone vous presse de valider quand même, arrêtez tout : c'est exactement le type d'alerte que l'escroc cherche à vous faire ignorer. La même prudence s'applique aux propositions de placements présentés comme sûrs et très rémunérateurs, qui relèvent d'une autre arnaque : le faux conseiller en placements.
Protéger ses parents
Les personnes âgées sont des cibles privilégiées, parce qu'elles ont souvent un lien de confiance ancien avec leur banque et hésitent à raccrocher au nez d'un interlocuteur poli. Leur répéter qu'un banquier ne demande jamais de code, et qu'on a toujours le droit de raccrocher pour rappeler l'agence, est la meilleure prévention. Notre guide pour protéger ses parents des arnaques propose une méthode pour en parler.
Questions fréquentes
Non. La Banque de France, le ministère de l'Économie, la Fédération bancaire française et l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement le rappellent ensemble : jamais votre conseiller ne vous demandera un code, un mot de passe ou un identifiant, ni d'effectuer ou de valider des opérations. Il n'en a pas besoin.
Pas forcément. Les fraudeurs peuvent afficher le numéro d'un établissement financier grâce à l'usurpation de numéro (spoofing). Raccrochez et rappelez votre banque sur le numéro figurant sur votre carte ou dans votre application, jamais sur un numéro donné pendant l'appel.
La loi prévoit, sous certaines conditions, le remboursement des opérations de paiement non autorisées (articles L.133-18 et L.133-19 du code monétaire et financier). Ce n'est pas automatique : la banque peut notamment refuser en cas d'opposition tardive ou de manquement grave. En cas de refus, vous pouvez saisir le médiateur de votre banque.
Le plus vite possible. Pour une fraude à la carte bancaire, la contestation n'est plus possible au-delà de 13 mois après le débit (70 jours si le bénéficiaire est situé hors de l'Espace économique européen). Si la banque accepte, elle doit rembourser immédiatement et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la réception de votre contestation.
Non. Selon la Banque de France, un dépôt de plainte ne peut pas être exigé par votre banque comme action préalable indispensable à l'instruction de votre demande de remboursement. Porter plainte reste toutefois recommandé.
Pour une fraude à la carte bancaire, sur la plateforme Perceval du ministère de l'Intérieur, même si vous avez été remboursé. Pour une fraude au virement ou une autre escroquerie, sur la plateforme THESEE. Le signalement Perceval ne remplace pas le dépôt de plainte.
Adressez d'abord une réclamation écrite à votre banque. Sans réponse satisfaisante sous 2 mois (15 jours pour un litige sur un service de paiement), vous pouvez saisir gratuitement le médiateur de votre banque, qui doit proposer une solution dans un délai maximal de 90 jours.
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Démarrer le diagnosticPour aller plus loin
Article informatif basé sur les informations de la Banque de France (« Fraude aux moyens de paiement », message conjoint avec le ministère de l'Économie, la FBF et l'OSMP), de service-public.gouv.fr (fiche F31324 sur la fraude à la carte bancaire, vérifiée le 13/02/2026, et fiche F20523 sur le médiateur bancaire, vérifiée le 28/07/2026), de cybermalveillance.gouv.fr (fiche réflexe fraude au faux conseiller bancaire, mise à jour du 14/03/2024) et de l'Arcep (communiqué du 29/01/2026). Ne communique aucun conseil juridique individualisé.