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Guide Pilier 9 min de lecture

Que faire si vous avez été victime d'une arnaque : le guide complet

Kylian Dev
Kylian Dev, Fondateur de Stop Escroc• Mis à jour le 14 septembre 2026

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Après une arnaque, 5 actions dans l'ordre limitent les dégâts : contacter votre banque, rassembler les preuves, porter plainte, signaler l'escroc, puis sécuriser vos accès. La rapidité est le facteur qui compte le plus.

Aucune de ces démarches n'exige d'être un expert : chacune se fait en ligne ou par un simple appel, et aucune n'attend d'avoir « une preuve parfaite » pour être entamée.

En une phrase : faites bloquer le moyen de paiement et contestez l'opération par écrit auprès de votre banque, puis déposez plainte — dans cet ordre, sans attendre d'avoir reconstitué un dossier parfait.

À retenir

  • Une opération de paiement reste contestable jusqu'à 13 mois après le débit (70 jours si le bénéficiaire est hors de l'Espace économique européen) : service-public.fr, fiche vérifiée le 13 février 2026.
  • Votre banque ne peut pas exiger un dépôt de plainte comme condition préalable à l'instruction de votre remboursement (Banque de France).
  • Déposer plainte est gratuit et ne nécessite ni avocat ni rendez-vous préalable (service-public.fr, fiche vérifiée le 8 juillet 2026).
  • L'escroquerie est punie de cinq ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende, et la tentative est punie des mêmes peines : code pénal, articles 313-1 et 313-3.
  • Un intermédiaire qui réclame des frais d'avance pour « récupérer » votre argent est rarement autre chose qu'une seconde arnaque.

Les 5 actions à faire dans l'ordre

1. Contactez votre banque immédiatement

Dans l'heure si possible

Faire opposition sur votre carte ou signaler un virement frauduleux augmente les chances de blocage des fonds.

2. Rassemblez toutes les preuves

Avant de tout supprimer

Captures d'écran, SMS, mails, numéros utilisés : ne rien effacer, même par réflexe de gêne.

3. Portez plainte

Dans les jours qui suivent

Dépôt en ligne possible via Perceval (fraude carte bancaire) ou THESEE (escroquerie en ligne), ou au commissariat.

4. Signalez l'escroc

Quelques minutes

33700 pour un SMS ou appel frauduleux, Signal Conso pour un site marchand, Signal Spam pour un email de phishing.

5. Sécurisez vos accès

Dans la journée

Changez vos mots de passe si des identifiants ont pu être compromis, activez la double authentification partout où c'est possible.

Le détail de chaque action est développé ci-dessous.

Contactez votre banque immédiatement

En cas de paiement ou virement suspect, l'opposition immédiate est le geste qui a le plus de chances de limiter la perte. N'attendez pas d'avoir toutes les preuves en main pour appeler votre banque : le temps joue contre vous.

Rassemblez toutes les preuves

Avant de bloquer un numéro ou supprimer un mail par réflexe, faites une capture d'écran de chaque échange : SMS, mail, numéro de téléphone utilisé, montant et date de la transaction. Ces éléments seront nécessaires pour la plainte et la demande de remboursement.

Ne supprimez rien, même par gêne ou par envie d'oublier l'incident au plus vite.

Portez plainte

Deux plateformes officielles permettent un dépôt de plainte en ligne selon le type d'arnaque :

Perceval : pour une fraude liée à votre carte bancaire (paiement que vous n'avez pas effectué).
THESEE : pour une escroquerie en ligne (achat non livré, faux support technique, arnaque sentimentale, chantage en ligne...).
Commissariat ou gendarmerie : reste toujours possible et nécessaire pour les situations qui ne rentrent dans aucune de ces deux plateformes.

Signalez l'escroc, même après avoir porté plainte

Le signalement (33700 pour un SMS/appel, Signal Conso pour un site, Signal Spam pour un email) aide à repérer les campagnes en cours et protège d'autres victimes potentielles, y compris quand aucune plainte individuelle n'est déposée.

Sécurisez vos accès

Si des identifiants (email, réseaux sociaux, banque en ligne) ont pu être compromis, changez les mots de passe concernés et activez la double authentification partout où c'est proposé.

Utilisez notre calculateur du coût réel d'une arnaque pour évaluer précisément ce que vous avez perdu, utile pour vos démarches.

3 erreurs qui aggravent la situation

Attendre d'avoir « toutes les preuves » avant de contacter sa banque, alors que la rapidité prime sur l'exhaustivité.
Avoir honte d'en parler ou de porter plainte : les escrocs comptent précisément sur ce silence pour continuer.
Payer un « service de récupération de fonds » non officiel qui promet de récupérer l'argent perdu contre des frais avancés — c'est souvent une seconde arnaque.

Ce que votre escroc risque réellement

L'escroquerie n'est pas une « petite arnaque » que la justice laisserait passer. L'article 313-1 du code pénal la définit ainsi : « L'escroquerie est le fait, soit par l'usage d'un faux nom ou d'une fausse qualité, soit par l'abus d'une qualité vraie, soit par l'emploi de manœuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au préjudice d'un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte opérant obligation ou décharge. » Et le texte enchaîne : « L'escroquerie est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende. » Cette phrase est utile à connaître : elle explique pourquoi une plainte pour 40 € perdus n'est jamais disproportionnée.

Le même article 313-2 prévoit des peines aggravées, portées à sept ans d'emprisonnement et 750 000 € d'amende dans cinq cas — notamment lorsque l'escroquerie est commise au préjudice d'une personne dont la particulière vulnérabilité (âge, maladie, infirmité, déficience physique ou psychique, état de grossesse) est apparente ou connue de l'auteur, ou d'une personne en état de sujétion psychologique ou physique au sens de l'article 223-15-3. En bande organisée, les peines montent à dix ans et 1 000 000 € d'amende, et jusqu'à quinze ans de réclusion lorsque la victime est une personne publique ou un organisme de protection sociale. Concrètement : si l'escroc savait qu'il ciblait une personne âgée, isolée ou sous emprise — le schéma classique du faux conseiller qui rappelle trois fois par semaine — dites-le explicitement dans votre plainte, cette précision entre dans la qualification des faits.

La tentative compte aussi. L'article 313-3 du code pénal dispose que « la tentative des infractions prévues par la présente section est punie des mêmes peines ». Un faux site repéré avant paiement, un virement bloqué à temps par votre banque, un SMS démasqué : ce sont des tentatives d'escroquerie, donc des faits punissables. Note : l'article 313-2 a été modifié par la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, en vigueur depuis le 27 juin 2026.

Vos délais côté banque : ce que la loi impose vraiment

Vous pouvez contester une opération de paiement jusqu'à 13 mois après le débit, et 70 jours seulement si le bénéficiaire se trouve hors de l'Espace économique européen (service-public.fr, fiche vérifiée le 13 février 2026). Passé ce délai, la contestation n'est plus recevable, quelle que soit votre bonne foi.

Sur le remboursement, la règle est plus précise qu'on ne le croit : votre banque doit restituer les sommes détournées et les agios « immédiatement et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant » la réception de votre contestation (même fiche). Ce n'est ni « sous 24 heures » ni « sous huit jours » : c'est au plus tard le premier jour ouvrable qui suit votre signalement. Un refus reste possible — opposition tardive, contestation hors délai, manœuvres imputables au titulaire — donc la date de votre appel fait partie du dossier.

Deux protections récentes méritent d'être connues. Depuis le 9 octobre 2025, la banque vérifie, pour les virements SEPA, la concordance entre le nom du bénéficiaire que vous saisissez et le titulaire de l'IBAN (Banque de France). Et surtout : « un dépôt de plainte ne peut pas être exigé par votre banque (ou autre prestataire de services de paiement) comme action préalable indispensable à l'instruction de votre demande de remboursement » (même source). Si un conseiller vous répond que « sans plainte, il n'y a pas de remboursement », demandez-lui de vous l'écrire : ce n'est pas la règle applicable. Une assurance, en revanche, peut légitimement faire du dépôt de plainte une condition contractuelle.

Si le désaccord persiste : réclamation écrite, puis saisine du médiateur de votre banque — c'est gratuit, possible si la réponse ne vous satisfait pas ou en l'absence de réponse sous 2 mois (15 jours pour un différend relatif à un service de paiement), avec une solution proposée dans un délai maximal de 90 jours. Attention au piège procédural : pour un litige inférieur à 5 000 €, une demande en justice est irrecevable si le médiateur n'a pas été saisi avant (service-public.fr, fiche vérifiée le 28 juillet 2026).

Trois situations chiffrées, trois réponses différentes

Le montant perdu ne dit pas ce que vous pouvez récupérer : c'est le régime juridique de l'opération qui décide.

1. Vous validez vous-même un virement de 4 800 €

Vous croyez parler au service anti-fraude de votre banque et vous confirmez l'opération. L'opération a été autorisée : elle ne relève pas du remboursement automatique prévu pour les opérations non autorisées (articles L. 133-18 et L. 133-19 du code monétaire et financier). Le remboursement se discute alors au cas par cas, et les preuves de la manipulation — numéro usurpé, SMS, courriels, échanges écrits — deviennent le cœur du dossier : c'est précisément là que la plainte et le signalement Perceval pèsent.

2. Un paiement de 340 € passe sans vous

Vous êtes dans le train, votre téléphone est éteint, et un débit apparaît. Il s'agit d'une opération non autorisée : après l'opposition et la contestation écrite, le remboursement est prévu par la loi sous conditions, et il doit intervenir au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la réception de votre contestation (service-public.fr, 13 février 2026). Ce que vous faites ce jour-là : opposition, contestation écrite, puis signalement Perceval.

3. On vous réclame 500 € pour ne pas diffuser vos photos

Ne payez pas : un premier versement ne met pas fin au chantage, il le finance. Le chantage en ligne avec demande d'argent fait partie des faits que la plateforme THESEE prend en charge, et vous pouvez signaler sans donner votre identité. Si la personne visée est mineure, le 3018 est le numéro à utiliser : gratuit, anonyme et ouvert 7j/7 de 9h à 23h.

Deux pièges qui arrivent juste après l'arnaque

Le premier se déclenche après votre opposition. Quelques heures après avoir bloqué la carte, un SMS ou un appel vous propose de « finaliser l'opposition » ou de « sécuriser le compte » en composant un numéro. C'est le schéma de l'hameçonnage au faux numéro d'opposition bancaire décrit par cybermalveillance.gouv.fr (publié le 3 décembre 2025, mis à jour le 25 août 2026), dont la consigne tient en une phrase : « N'appelez pas le numéro indiqué et ne répondez pas au message ! » Passez toujours par l'application ou le site de votre banque, ou par le numéro figurant au dos de votre carte — jamais par celui du message. Signalez ensuite : 33700 pour un SMS, Signal Spam pour un courriel, internet-signalement.gouv.fr (Pharos) pour la tentative d'escroquerie.

Le second est commercial. Certains services se présentent comme des intermédiaires indispensables pour « porter plainte à votre place » ou « récupérer vos fonds », avec des tarifs qui atteignent 150 € pour une aide au dépôt — alors que le déplacement en commissariat ou en gendarmerie reste, dans tous les cas, nécessaire. Le portail officiel masecurite.interieur.gouv.fr est gratuit et suffit pour les faits qu'il couvre ; un professionnel de la récupération de fonds qui demande des frais d'avance travaille d'abord pour lui-même. Le seul accompagnement payant qui ait un sens ici est l'avocat, et encore : pour une plainte simple, il n'est pas obligatoire.

Remboursement, délais : les questions qui reviennent le plus

Non. La Banque de France l'écrit explicitement : « un dépôt de plainte ne peut pas être exigé par votre banque (ou autre prestataire de services de paiement) comme action préalable indispensable à l'instruction de votre demande de remboursement ». Votre banque peut vous demander une copie du dépôt pour compléter le dossier — et une assurance peut en faire une condition contractuelle — mais elle ne peut pas en faire un préalable. Déposez plainte parce que cela sert l'enquête, pas parce qu'on vous en ferait l'obligation.

La contestation d'une opération de paiement est possible jusqu'à 13 mois après le débit, et 70 jours seulement si le bénéficiaire se trouve hors de l'Espace économique européen (service-public.fr, fiche vérifiée le 13 février 2026). Pour une opération non autorisée, le remboursement doit intervenir « immédiatement et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant » la réception de votre contestation. Un refus reste possible dans certains cas, notamment en cas d'opposition tardive.

Oui. La tentative d'escroquerie est punie des mêmes peines que l'escroquerie (article 313-3 du code pénal). Un faux site repéré avant paiement, un virement bloqué à temps ou un SMS de phishing démasqué sont des tentatives, donc des faits punissables qui peuvent être signalés au 33700, à Signal Spam, à Pharos ou via THESEE, et faire l'objet d'une plainte.

Pas pour l'essentiel : le 116 006 (France Victimes) et le 0 805 805 817 (Info Escroqueries) sont gratuits, le dépôt de plainte est gratuit et le portail officiel de plainte en ligne l'est aussi. Seuls des sites privés facturent une prestation d'aide au dépôt — jusqu'à 150 € — alors que le déplacement en commissariat ou en gendarmerie reste dans tous les cas nécessaire.

L'escroquerie est un délit : le délai de prescription est de 6 ans à compter du jour de l'infraction (contre 1 an pour une contravention et 20 ans pour un crime). Ce délai court même si vous n'avez pas encore réuni toutes les pièces, d'où l'intérêt de déposer sans attendre : le dossier peut être complété ensuite (service-public.fr, fiche vérifiée le 8 juillet 2026).

Questions fréquentes

Cela dépend des circonstances : en cas de fraude à la carte bancaire sans négligence grave de votre part, un remboursement est en principe possible. En cas de virement que vous avez autorisé vous-même sous la manipulation d'un escroc, le remboursement est beaucoup plus incertain — la réactivité et les preuves conservées jouent un rôle déterminant.

Perceval est la plateforme officielle de signalement pour les fraudes à la carte bancaire. THESEE est la plateforme officielle de signalement pour les escroqueries en ligne (achat non livré, faux support technique, arnaque sentimentale, etc.). Les deux permettent un dépôt de plainte en ligne.

Oui : chaque plainte contribue à identifier des réseaux d'escroquerie, même quand la somme perdue semble modeste. C'est aussi une condition nécessaire pour certaines démarches de remboursement auprès de votre banque ou assurance.

Contactez votre banque le plus tôt possible : plus le signalement est rapide, plus les chances de blocage ou de récupération des fonds sont élevées. Les délais légaux précis varient selon le type de fraude — renseignez-vous directement auprès de votre banque.

Évitez que ça se reproduise

Nos outils gratuits vous permettent de vérifier un numéro ou un site avant qu'un doute ne devienne un incident.

Utiliser les outils gratuits

Pour aller plus loin

Article informatif. Pour toute démarche, rapprochez-vous de votre banque, de la police/gendarmerie, ou de cybermalveillance.gouv.fr.