Fraude en ligne senior : protéger ses parents des arnaques

Résumer cet article avec :
Pour protéger un senior de la fraude en ligne et des arnaques par téléphone, le site officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr donne deux règles : ne jamais communiquer de données personnelles et ne pas agir dans la précipitation (mis à jour le 20/02/2026). Elles couvrent la plupart des scénarios. Cette page y ajoute les numéros utiles, les règles du démarchage en vigueur depuis août 2026 et la marche à suivre après une fraude.
Protéger ses parents ne consiste pas à les surveiller : il s'agit de leur faire connaître les scénarios utilisés, de préparer à l'avance les bons numéros et de convenir de ce que l'on fait en cas de doute. Un parent qui sait qu'il peut vous appeler sans être jugé coupera plus vite un appel suspect.
Cette page est la page pilote du site sur les seniors et la fraude. Pour le détail d'un sujet, elle renvoie vers nos pages dédiées : vishing et voix clonée, démarchage abusif, arnaques téléphoniques et arnaque Ameli. Chaque fait renvoie à sa source officielle, listée en bas de page.
Les arnaques que le site officiel cite pour les personnes âgées
La liste publiée par pour-les-personnes-agees.gouv.fr : faux conseiller bancaire (fausse banque), fraude à la carte bancaire, hameçonnage (phishing), faux support technique, faux sites administratifs, faux sites e-commerce, piratage de compte mail, appels et messages demandant de rappeler un numéro surtaxé, démarchage téléphonique abusif, démarchage à domicile par de faux professionnels et fraude aux travaux (20/02/2026).
Nos pages sur le faux conseiller bancaire, les faux placements, le phishing par e-mail et les arnaques par SMS détaillent plusieurs de ces mécaniques.
Les réflexes officiels face à un appel ou un message
La Banque de France pose la règle : « Jamais votre conseiller bancaire ne vous demandera un code, un mot de passe ou un identifiant, ni d'effectuer ou de valider des opérations : il n'en a pas besoin, ne communiquez jamais vos données de sécurité à des tiers ». Elle ajoute de ne jamais utiliser un lien ou un numéro de téléphone inséré dans un message non sollicité, et de ne jamais confier son instrument de paiement à une tierce personne (proche, coursier…), même à la demande de son banquier (banque-france.fr).
En cas d'appel frauduleux, il faut raccrocher sans attendre et contacter sa banque par ses canaux habituels (téléphone, application, chat), sans communiquer d'information sensible. Le mécanisme complet de ces appels est détaillé dans notre page sur le vishing.
Démarchage téléphonique : les règles depuis le 11 août 2026
Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique à des fins commerciales est interdit, sauf consentement préalable du consommateur, en application de l'article 13 de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 (service-public.gouv.fr, mis à jour le 11/08/2026). Le service Bloctel a pris fin avec l'entrée en vigueur de ce régime (bloctel.gouv.fr).
Le consentement doit être « libre, spécifique, clair, univoque et révocable », valable un an au maximum, et la preuve est conservée 3 ans par le professionnel (DGCCRF, 27/07/2026). Un simple silence ou une case pré-cochée ne valent pas consentement, et il n'est pas possible d'appeler un consommateur pour obtenir son consentement au démarchage. Le démarchage n'est autorisé que du lundi au vendredi (hors jours fériés), de 10h à 13h et de 14h à 20h, à raison de 4 appels maximum par mois, et le professionnel doit arrêter immédiatement l'appel si vous exprimez votre opposition (DGCCRF, 05/08/2026).
Trois secteurs sont totalement interdits, même avec consentement : la rénovation énergétique, l'adaptation du logement à la perte d'autonomie (personnes âgées ou en situation de handicap) et le compte personnel de formation (CPF) (DGCCRF, 27/07/2026). Les professionnels en infraction risquent jusqu'à 75 000 € par appel pour une personne physique et jusqu'à 375 000 € pour une entreprise ; en cas d'abus de faiblesse, 5 ans de prison et jusqu'à 500 000 € d'amende (ou 10 % du chiffre d'affaires) (DGCCRF, 05/08/2026).
Après un appel commercial non sollicité, la DGCCRF conseille de le signaler sur SignalConso, d'exiger la suppression de vos données auprès de l'entreprise et de conserver les preuves (numéro, date et heure de l'appel). Le spam téléphonique (SMS ou appel) se signale au 33700 (cybermalveillance.gouv.fr, 11/08/2026). Notre page sur le démarchage abusif détaille comment le bloquer et le signaler.
Les numéros à afficher près du téléphone de vos parents
31 33 : maltraitances, gratuit, 7 jours sur 7 de 9h à 20h. Il remplace le 39 77 depuis le 1er mars 2026 (solidarites.gouv.fr).
0 805 805 817 : Info Escroqueries, ministère de l'Intérieur, appel gratuit, de 9h à 18h30 du lundi au vendredi.
116 006 : France Victimes (ministère de la Justice), appel et service gratuits. Il oriente vers l'association d'aide aux victimes la plus proche, mais ne délivre pas de conseil juridique et n'enregistre pas de plainte (justice.fr).
33700 : signalement des SMS et appels frauduleux.
0 892 705 705 : opposition sur carte bancaire, 24h/24 et 7j/7, à 0,34 € la minute. C'est un numéro surtaxé : à réserver à l'urgence.
Que faire si un proche a été victime d'une fraude
La Banque de France décrit trois étapes : faire opposition au moyen de paiement auprès de la banque ; signaler les opérations de paiement frauduleuses aux forces de l'ordre ; contacter la banque pour contester les opérations, en vue d'un potentiel remboursement (banque-france.fr). Un dépôt de plainte ne peut pas être exigé par la banque comme action préalable indispensable à l'instruction de la demande de remboursement.
Si la fraude porte sur la carte bancaire, elle se signale aussi sur la plateforme Perceval du ministère de l'Intérieur, même si la banque a remboursé : ce signalement ne se substitue pas au dépôt de plainte. France Victimes (116 006) et Info Escroqueries (0 805 805 817) accompagnent les victimes (cybermalveillance.gouv.fr, 14/03/2024). Notre guide que faire si vous avez été victime d'une arnaque reprend les étapes dans l'ordre.
Cybermalveillance.gouv.fr a accompagné plus de 500 000 victimes en 2025 (+20 % par rapport à 2024), et l'hameçonnage est le premier motif de demande d'assistance (+70 %) (rapport d'activité 2025).
Maltraitance financière et abus de faiblesse
Ce que la loi attend de l'entourage
Selon la fiche officielle « Que faire en cas de maltraitance ? », ne pas dénoncer une situation de maltraitance d'une personne âgée dont vous avez eu connaissance vous expose à une peine de 3 ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende. En cas d'urgence ou de danger imminent, il faut signaler la situation au procureur de la République et aux services compétents (mis à jour le 30/07/2026). Le 31 33 remplace le 39 77 depuis le 1er mars 2026 (pour-les-personnes-agees.gouv.fr, 02/03/2026).
L'abus de faiblesse
L'abus de faiblesse est puni de 3 ans d'emprisonnement et de 375 000 € d'amende (article L. 132-14 du code de la consommation) (DGCCRF). Le site officiel des personnes âgées cite les articles 223-15-2 à 223-15-4 du code pénal et L. 121-8 à L. 121-10 et L. 132-13 à L. 132-15 du code de la consommation (mis à jour le 06/11/2025).
Ce que disent les chiffres officiels
Les victimes d'escroqueries enregistrées sont passées de 250 900 en 2016 à 411 700 en 2023, soit une hausse moyenne de 7,3 % par an. Selon le SSMSI, ces infractions touchent autant les hommes que les femmes, et plus souvent les adultes entre 25 et 54 ans que les autres tranches d'âge, même si les personnes plus âgées sont de plus en plus concernées. Environ une victime d'escroquerie sur dix porte plainte (SSMSI, Interstats Analyse n°68, 10/07/2024).
Les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement ont augmenté de 7 % en 2025, et 53 % de ces faits sont en lien avec le numérique, contre 31 % en 2016 (SSMSI, 29/01/2026). Nous ne publions aucun chiffre par tranche d'âge (taux de victimisation, préjudice moyen) : aucune source officielle vérifiée n'en fournit.
Guides officiels pour les familles et les seniors
Cybermalveillance.gouv.fr, l'Unaf et la CNIL ont publié conjointement deux guides « pour les familles et les seniors » sur les cybermenaces (CNIL, 26/06/2024). Notre guide pour protéger ses parents des arnaques propose une méthode pour aborder le sujet en famille.
À retenir : deux règles, ne jamais communiquer de données personnelles et ne pas agir dans la précipitation. Affichez les numéros utiles (31 33, 0 805 805 817, 116 006), et sachez que le démarchage commercial est interdit depuis le 11 août 2026 sans consentement préalable.
Questions fréquentes
Le site officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr cite : faux conseiller bancaire (fausse banque), fraude à la carte bancaire, hameçonnage (phishing), faux support technique, faux sites administratifs, faux sites e-commerce, piratage de compte mail, appels et messages demandant de rappeler un numéro surtaxé, démarchage téléphonique abusif, démarchage à domicile par de faux professionnels et fraude aux travaux.
Le site officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr rappelle deux règles : ne jamais communiquer de données personnelles et ne pas agir dans la précipitation.
Non. Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique à des fins commerciales est interdit, sauf consentement préalable du consommateur, en application de l'article 13 de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025. Le service Bloctel a pris fin avec l'entrée en vigueur de ce régime. Sont totalement interdits, même avec consentement, le démarchage pour la rénovation énergétique, l'adaptation du logement à la perte d'autonomie et le compte personnel de formation (CPF).
Le 31 33, gratuit, 7 jours sur 7 de 9h à 20h. Depuis le 1er mars 2026, il remplace le 39 77 : les documents plus anciens indiquent encore l'ancien numéro.
Selon le site officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr, ne pas dénoncer une situation de maltraitance d'une personne âgée dont vous avez eu connaissance vous expose à une peine de 3 ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende. En cas d'urgence ou de danger imminent, la situation est à signaler au procureur de la République et aux services compétents.
La Banque de France décrit trois étapes : faire opposition au moyen de paiement auprès de la banque, signaler les opérations frauduleuses aux forces de l'ordre, puis contacter la banque pour contester les opérations en vue d'un potentiel remboursement. Le serveur interbancaire d'opposition sur carte est le 0 892 705 705 (0,34 € la minute, 24h/24 et 7j/7).
L'abus de faiblesse est puni de 3 ans d'emprisonnement et de 375 000 € d'amende (article L. 132-14 du code de la consommation), selon la DGCCRF. Pour le démarchage téléphonique, les professionnels qui ciblent des personnes vulnérables risquent 5 ans de prison et jusqu'à 500 000 € d'amende (ou 10 % du chiffre d'affaires).
Oui. Cybermalveillance.gouv.fr, l'Unaf et la CNIL ont publié conjointement, le 26 juin 2024, deux guides « pour les familles et les seniors » sur les cybermenaces.
Un doute sur un message reçu ?
Répondez à quelques questions pour identifier les risques concrets et les prochaines étapes.
Démarrer le diagnosticPour aller plus loin
Sources officielles
- pour-les-personnes-agees.gouv.fr, les bons réflexes pour éviter les arnaques (mis à jour le 20 février 2026, consulté le 30/09/2026)
- pour-les-personnes-agees.gouv.fr, abus de faiblesse (mis à jour le 6 novembre 2025, consulté le 30/09/2026)
- DGCCRF, abus de faiblesse : définition et sanctions (fiche écrite le 24 juillet 2019, consulté le 30/09/2026)
- pour-les-personnes-agees.gouv.fr, que faire en cas de maltraitance (mis à jour le 30 juillet 2026, consulté le 30/09/2026)
- pour-les-personnes-agees.gouv.fr, le 31 33 remplace le 39 77 (publié le 2 mars 2026, consulté le 30/09/2026)
- solidarites.gouv.fr, le 31 33 contre les maltraitances (publié le 1er mars 2026, mis à jour le 1er juin 2026, consulté le 30/09/2026)
- justice.fr, le 116 006 (France Victimes) (mis à jour le 15 octobre 2025, consulté le 30/09/2026)
- CNIL, deux guides sur les cybermenaces avec Cybermalveillance.gouv.fr et l'Unaf (publié le 26 juin 2024, consulté le 30/09/2026)
- SSMSI, Interstats Analyse n°68 sur les escroqueries enregistrées de 2016 à 2023 (publiée le 10 juillet 2024, consulté le 30/09/2026)
- SSMSI, ministère de l'Intérieur, bilan 2025 (communiqué du 29 janvier 2026, consulté le 30/09/2026)
- Service-public.fr, le démarchage téléphonique interdit sans consentement (publié le 21 juillet 2026, mis à jour le 11 août 2026, consulté le 30/09/2026)
- Bloctel, fin du service (date non affichée, consulté le 30/09/2026)
- DGCCRF, les règles du démarchage téléphonique (écrit le 27 juillet 2026, consulté le 30/09/2026)
- DGCCRF, le démarchage téléphonique désormais interdit sans consentement (écrit le 5 août 2026, consulté le 30/09/2026)
- Cybermalveillance.gouv.fr, fiche réflexe spam téléphonique (mis à jour le 11 août 2026, consulté le 30/09/2026)
- Banque de France, fraude aux moyens de paiement (date non affichée, consulté le 30/09/2026)
- Cybermalveillance.gouv.fr, fiche réflexe faux conseiller bancaire (mis à jour le 14 mars 2024, consulté le 30/09/2026)
- Cybermalveillance.gouv.fr, rapport d'activité 2025 (publié le 26 mars 2026, mis à jour le 8 juin 2026, consulté le 30/09/2026)
Article informatif basé sur les sources officielles ci-dessus. Ne communique aucun conseil juridique individualisé.